Pour commencer, laissez moi vous présenter mes excuses pour le titre de cet article, très loin de moi l'idée de blasphémer cette pratique merveilleuse qu'est le Gospel, mais vous comprendrez plus loin que pour une matinée qui devait nous rapprocher du paradis, nous avons plutôt frôlé l'enfer...
D'abord, la journée d'hier : nous sommes allés nous balader dans Williamsburg, un cartier de Brooklyn que nous avions déjà visité deux fois de nuit (à nouvel-an et à la soirée électro) car c'est l'endroit alternatif par excellence à New York. De jour, il n'y a pas beaucoup de différence : des graphes, des gens aux allures délurées et des commerces originaux. C'est en fait simplement moins fréquenté qu'aux fraîches heures de l'aube ;-) Mais ce qui est vraiment marrant à Williamsburg c'est qu'il n'y a ni adultes, ni enfants! On a beau regarder dans tous les coins, il semble qu'à cet endroit, le temps se soit arrêté sur les plus folles années de la vie des New yorkais... c'est en somme le "Pays imaginaire" des 21-35 ans ;-)
Nous nous sommes amusés à faire quelques photos au bord de la East River, avons dégusté un lunch dans un bistrot sympa puis nous avons traversé le Williamsburg Bridge pour relier Manhattan. Finalement, après une séance supplémentaire de shopping infructueuse nous sommes rentrés assez fatigués pour nous reposer avant la journée d'aujourd'hui...
Comme sous-entendu plus haut, aujourd'hui nous nous sommes réveillés très très tôt pour un dimanche matin (6h45)... C'est que nous avions prévu d'aller voir un Gospel à Harlem (soit à plus d'une heure d'ici en métro) et comme nous accordons une confiance total à notre guide spirituel nommé Routard, nous avons suivi ses conseils et chercher à assister à la messe de 9h de l'Abyssinian Baptist Church. Il nous était bien recommandé d'y arriver en avance et de nettement préférer cette dernière au service promulgué à 11h car il risquait d'être trop fréquenté.
Nous arrivons donc à 8h30 pas tout frais devant la fameuse église. Un homme, à la vue de nos blancs becs, nous demande d'aller rejoindre la queue pour touristes au coin de la rue... nous nous alignons alors bien sagement derrière les cinq pecnots plantés là et nous attendons... je commence à perdre un orteil, puis deux... nous attendons... 9h approche, enfin! (C'est que nous n'avons même pas pris le temps de petit-déjeuner) De toute part nous voyons arriver les fidèles : des hommes noirs en costard, des femmes aux gros manteaux de fourrure et aux chapeaux raffinés. Puis 9h passe, les touristes se sont agglutinés derrière nous et un gros homme nous prie de bien nous mettre sur la neige afin de ne pas bloquer le trottoir.... Peut-être le Routard 2010 n'est-il plus vraiment d'actualité, la messe aura probablement lieu à 9h30... Le dernier orteil m'a lâché! Peu importe, je vais voir un Gospel et j'ai déjà fait le Cameroun, je serai patiente! Mais le temps... le temps qui passe, le temps qu'il fait... (en réalité il faisait froid mais beau, le soleil illuminait de plein feu... l'autre coté de la route!!!). Un Espagnol impatient s'approche du gros monsieur et lui demande à quelle heure nous pourrons enfin rentrer dans l'église ??? "11h", lui répond ce dernier, "la messe de 9h n'est que pour les fidèles de la communauté"... Quoi??? Et c'est maintenant qu'ils nous le disent!
Que faire ? Risquer de perdre notre place de luxe dans l'immense queue qui a maintenant atteint l'autre bout du bâtiment pour se faire refouler devant une autre église tout autant pleine ??? Je dois retenir mes larmes, si j'ai déjà perdu mes pieds je crains encore plus de me séparer de mes mains...
Comme tout bon soldat, on s'organise. On revoit la stratégie de départ et on imagine un tournus de garde pendant que l'autre va chercher des cafés à l'emporter. Gaël part le premier en expédition, je lui succéderai plus tard mais entre-temps il faut attendre... il faut souffrir... et beaucoup boire de cafés, de chocolats chauds, qu'importe le flacon tant qu'il y a la chaleur!
Finalement le gros monsieur nous fait signe! On y est, il est 11h! Comme un zombie je me laisse portée par la foule en direction des bancs de l'église chauffée. Une fois assise, ça me frappe : j'en ai oublié de passer aux toilettes! Mais tout s'enchaîne très vite, me voilà camouflée par les gens et je suis amorphe. Tant pis je tiendrai le temps de la cérémonie! Grossière erreur!!!
Et me voilà partie pour deux heures d'abdos intensifs avec une seule idée en tête : pipi!!! Quel supplice!
Le pasteur enchaîne ses discours, il y met du coeur, de l'engagement, il nous fait même rire! Comme demain est le "Martin Luther King Day", le défenseur de la cause des afro-américain est le fil rouge de la cérémonie, c'est très intéressant. Les choeurs nous envoûtent, mais ce n'est que lorsqu'une soliste s'empare du micro pour porter sa voix magnifique par dessus celles de ses collègues que nous découvrons le vrai Gospel, c'est magique! J'en ai presque oublié mon envie pressante, dommage que le chant n'occupe pas une plus grande partie de la messe...
Bref vous l'aurez compris, bien que j'aie été conquise par la musique et séduite par l'engagement très politisé des discours, cette expérience n'aura pas été une pure partie de plaisir...
Après cela, nous avons profité du soleil en descendant les rues d'Harlem puis nous nous sommes largement promené dans Central Park pour nous adonner à notre passe-temps actuel favori : la photo ;-)
Je garderai un très bon souvenir de cette journée, soyez sans crainte, mais le titre "Gosp'hell" m'est apparu comme une révélation dès l'annonce de notre heure d'entrée dans l'église ;-)
Je vous souhaite une bonne nuit bien au chaud sous votre couette!
Et pour vos beaux rêves, voilà quelques clichés de Central Park :
Xoxo
Tu nous a bien fait rire avec ton article... Je suis contente que tu ais pu écouter du Gospel à Harlem. Pour mon amie, qui était entrée par hasard dans une église, ce fut plus simple... J'espère que tu n'auras pas pris froid par les pieds...continue tes belles découvertes ...
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